Foyer Rural René Lavergne - Auzeville

Go : la première conquête de l’espace !

Alors la tension monte. Le gagnant-gagnant du début se transforme en gagnant-perdant et le combat s’exacerbe. Le goban ressemble maintenant à un enchevêtrement de formes blanches et noires, de groupes vivants ou morts. D’autres fuient…

Vous connaissez les jeux de dames, d’échec, Candy Crush ou même l’éphémère chasse aux Pokémons. Mais connaissez-vous le Go, jeu de stratégie par excellence ?

D’origine chinoise, ce jeu millénaire n’est arrivé en Europe qu’à la fin du 19e siècle. Il faudra encore attendre 1969 pour le découvrir en France, et 2015 pour le voir au FRRL.

Les règles du jeu sont tellement simples qu’elles sont pratiquement inexistantes tant elles reposent sur le bon sens.

On part d’un plateau vide, le goban, et il faut se constituer des territoires. C’est tout.

Pour cela, chacun des deux joueurs pose une pierre sur le goban, à l’intersection des lignes. Il y en a 19 x 19, ce qui fait 361 possibilités au commencement ! D’abord la pierre noire, puis la pierre blanche. Pierre noire, pierre blanche. Noire, blanche… Peu à peu, les formes se créent puis les territoires se dessinent, comme une toile d’araignée.

C’est un jeu de partage et d’échange : je te donne cette zone, laisse-moi celle-ci.

Jeu d’équilibre et de juste dosage, il faut être patient, sournois diront certains.

Il ne faut pas voir trop grand, ni trop petit. Au go, la gourmandise est un vilain défaut, tout comme la modestie.

Posée trop loin, la pierre sera peut-être tuée. Posée trop proche, elle ne développera pas de territoire.

Le goban est à présent à moitié couvert. Où jouer maintenant ? Il reste encore tant de possibilités !

Si je joue ici, il répondra là. Puis je couperai ici, il connectera là. Je n’aurai plus qu’à faire ceci, il fuira par-là, moi ici, lui là, ici, là, puis ici, tac, tac… la ruse devrait marcher. À moins d’une erreur de lecture de ma part, il est pris au piège.

Qu’importe, un peu de réflexion ne peut pas nuire aux neurones !

Certains groupes trop isolés sont en danger, faut-il les abandonner et construire ailleurs ?

À chaque coup, l’équilibre se fait ou se défait.

Parfois, l’attaque sera nécessaire, soit pour se défendre, soit pour rattraper son retard. Alors la tension monte. Le gagnant-gagnant du début se transforme en gagnant-perdant et le combat devient inévitable, la survie de groupes en dépend.

Le goban ressemble maintenant à un enchevêtrement de formes blanches et noires, de groupes vivants ou morts. D’autres fuient sur le goban, en quête de liberté et de souffles nouveaux. Mais la partie n’est pas terminée, il peut encore y avoir quelques derniers coups fatals, il faut rester vigilant…

Chaque mardi de 20 h 30 à 23 heures, venez au FR découvrir ce jeu aussi passionnant que profond, et passer d’agréables moments autour du goban à faire parler les pierres.

Hervé Caillon

PS : Alors, toujours convaincu par Candy Crush ?