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Bonus : Doolin’ by Doolin’

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Pour les curieux, tous les détails sur le cheminement des dix années de Doolin et l’engagement de ces six garçons dans le vent

En 2016, Doolin’ souffle les dix bougies d’une carrière riche et imprévisible qui a vu ces musiciens de la région de Toulouse devenir un groupe reconnu pour son innovation respectueuse des musiques irlandaises. Leur nouvel album, produit par John Doyle, une personnalité incontournable de l’americana irlandaise, a été enregistré à Nashville dans les studios de Compass Records, le plus important label de ces musiques.

Avant tout une affaire de famille et de copains

Doolin’, qui a emprunté son nom à un village de pêcheurs irlandais, paradis musical des passionnés de jig ou de reel, est un clan formé de deux familles. Les frères Besse, Wilfried et Nicolas, leur cousin Sébastien Saunier et Jacob et Josselin Fournel se sont rencontrés, par l’intermédiaire de leur ami commun Ghuilhem Cavaillé, lors d’une édition des Rencontres Musicales Irlandaises de Tocane en Dordogne. Festival où chaque année, de grands maîtres venus d’Irlande transmettent un savoir dont chacun a su tirer profit.

Le son de Doolin’ reflète la somme des expériences de ses membres. Ils transposent avec adresse des éléments venus du jazz, du rock, de la chanson ou du hip-hop dans l’univers musical irlandais. La reconnaissance vient d’abord d’Irlande, ils y ont fait leurs preuves àforce de concerts acclamés, de collaborations spontanées ou en gagnant des compétitions d’instrumentistes. Dès leur premier album ils sont parrainés par l’éminent flûtiste et musicologue Desi Wilkinson. Suivront les éloges de nombreux artistes célèbres et des engagements répétés dans des festivals ou au très respectable Coleman Irish Music Centre.

Leur première décennie coïncide avec les 170 ans de la grande famine qui toucha

l’Irlande, assiégée par les anglais, au milieu du 19ème siècle et déclencha un large exode vers les Etats-Unis. Dans les familles irlandaises la musique se vit au quotidien, peu à peu elle insémine les traditions du nouveau continent, devenant un des ingrédients du bluegrass, de la country music ou du rock'n roll. Doolin’ voulait rendre hommage à ce mouvement transatlantique en composant leur nouvel album comme un film qui en évoque les étapes.

Avec le percussionniste de Ray Charles, JJ Cale et Johnny Cash !…

En juin 2015, après un concert commun, la joueuse de banjo Alison Brown, co-fondatrice de Compass Records, se passionne pour le projet de Doolin. Elle les invite à venir enregistrer dans son studio à Nashville et leur suggère de travailler avec le producteur John Doyle. Une proposition instantanément approuvée, car le guitariste et ancien fondateur du groupe Solas est l’influence la mieux partagée au sein du groupe.

A Nashville en janvier 2016, ils sont accueillis comme des pairs. Avec John Doyle, le courant passe immédiatement. Le studio voit défiler les virtuoses. Alison Brown vient naturellement faire sonner son banjo, l’un des plus célébrés en Amérique. Jerry Douglas, surnommé le Mohamed Ali du drobro et lauréat de 14 Grammy Awards, glisse quelques accords de sa guitare magique. La chanteuse Ashley Davis, partenaire régulière de John Doyle et collaboratrice occasionnelle des Chieftains, assure les choeurs. Le percussionniste vétéran Kenny Malone qui, de Ray Charles à Johnny Cash en passant par J.J. Cale, a joué avec les plus grands, prend plaisir à accompagner les français. Les bases joliment posées, Doolin’ complète l’enregistrement en Irlande avec le concours de la joueuse de banjo Mary Shannon, soeur de la star Sharon Shannon et celui du flûtiste Michael McGoldrick, compagnon de route de Capercaillie, Lunasa ou Mark Knopler.

Un CD humanitaire

Pour cet album, le groupe a écrit et réunit plusieurs morceaux sur le thème de la grande famine ou qui évoque ce voyage. Ils ont fusionné une jig irlandaise et une valse de jazz musette dans Le Jupon Blanc. Ils ont composé Itinerant Singing Boy d’après un poème de Jane Francesca Wilde, la mère d’Oscar Wilde. Ils ont adapté la chanson Famine de Sinead O’connor, avec le concours de la rappeuse newyorkaise Taron Benson. Ils ont repris The Ballad of Hollie Brown de Bob Dylan, Amsterdam de Jacques Brel et une poignée de traditionnels irlandais. Ils ont voulu faire un parallèle entre la grande famine irlandaise et celles qui touchent trop souvent le continent africain, en composant Reel Africa avec des percussions d’Afrique de l’Ouest.

Doolin’ a aussi décidé de reverser 10% des recettes de ce disque durant les trois premières années de son exploitation à la fondation Grameen qui lutte contre la pauvreté à travers le monde.  

Benjamin Minimum (Doolin)