Foyer Rural René Lavergne - Auzeville

Randonneurs sans frontière

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À la mi-juin, les marcheurs et randonneurs du Foyer ont choisi de partir en Haut-Aragon pour une semaine  d'aventure dans le somptueux décor du Parque Nacional Ordesa y Monte Perdido.

Rien n’arrête la section rando quand elle se faufile à travers les montagnes et se rit des frontières pour prendre position à Broto, 500 habitants, érigée en capitale… de la vallée. Mais quelle vallée, celle qui ouvre sur le Parc National d’Ordesa-Mont-Perdu[1] là même où son plein nord jouxte Gavarnie ! Nous entrons ici dans le domaine surprenant des montagnes calcaires aux parois verticales bien lissées des témoins de la millénaire architecture mozarabe et aussi des villages abandonnés. Beauté sauvage et les souvenirs de désolation se côtoient.

La première grosse balade est la montée le J2 au lac de la Bernatoire sur la crête frontière. On commence en auto dans la poussière d’une piste carrossable jusqu’au parking de Bujaruelo. Ensuite les mollets font le boulot. Pour eux, le plein emploi est assuré… Chacun va à son allure et le peloton s’étire : petites pauses pour récupérer les retardataires en quête de photo ou de souffle, parfois pour un débat scientifique : « ça c’est bien du myosotis » s'interroge-t-on là où la surnommée "herbe d’amour" a déposé d'innombrables touffes bleutées sur un horizon d’herbages rocailleux. Joël, notre expert, valide l'appellation et la commente.

Tout près de la Brêche de Roland

À quelques Km à l’ouest de la Brecha de Rolando, le lac convoité se découvre petit à petit, encore à moitié glacé. Il est cerné au fond d’un cratère de crêtes rocheuses. A-do-rable… Encore un effort pour franchir un gros névé fondant sous les semelles juste avant les agapes. La grimpette magnifie le pique-nique et d’un coup de baguette magique métamorphose une vulgaire portion fromagère en frometon haut de gamme. Qui écrira un jour La première bouchée de Vache-qui-rit ?

Cette fois les « Randonneurs » ne retrouvent le groupe des « Marcheurs » qu’au parking terminal avenue de la mousse bien fraîche et sans faux-col. Les itinéraires des autres jours essaieront de se croiser pour le casse-croûte communautaire. Le programme propose de parcourir des « vires », étroites plates-formes en corniche creusée par l’érosion du calcaire. À éviter pour ceux qui sont sujets au vertige, elles sont impressionnantes mais sans danger ou bien sécurisées.

On atteindra le fond du Vallon d’Ordesa au Cirque de Soaso par des vires spectaculaires, à l’aller par la rive droite du torrent et retour rive gauche par la Faja du Pelay et la non moins fameuse Vire des Chasseurs, « raidasse » et caillouteuse à souhait. Spectacle garanti et panorama unique sur le Mont Perdu et les sommets fermant l’est du cirque de Gavarnie, jusqu’aux Astazou. Hélas pour la prime « animal », on ne croisera pas d’isard : en fin de journée les nombreux visiteurs éloignent ces animaux qui ne raffolent pas des mondanités.

Stéphane Lelong

 

[1] Conçu en 1918 et enregistré au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis plus de vingt ans.