Foyer Rural René Lavergne - Auzeville

Sardaigne : la route de la soif

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La route de la soif, c’est un peu toucher le fond du paradoxe. Imagine toi, aficionado radical de l’eau fraîche, te régalant à la première gorgée d’eau tiède. Étonnant non, pour qui le cliquetis des glaçons dans un verre a d’habitude un air d’aimable carillon. Retournement de veste (en pleines Législatives) ? Nenni, tu es en train de visiter à vélo le nord d’une île brutalement saisie par une infernale canicule, soleil de plomb, ombre dérisoire et brise parcimonieuse. Quand ça grimpe – et pire qu’ailleurs, les côtes sardes montent plus qu’elles ne descendent – tu es constamment altéré et dans l’espérance d’une fontaine providentielle. Alors là, les fines bouches s’écrasent, l’eau, même tiède, est bonne et s’engloutit avec une frénésie de boulimique.

J1. Nous partons de la côte ouest (Porto Torres) pour l’étape la plus « courte » (85 km) et au plus faible dénivelé (820 m). Mais, pour résumer, il est 13 h 30… Pas besoin de faire un dessin, vous avez compris.

Nous allons tourner ainsi pendant trois jours, jamais loin des bords de mer de la Costa Smeralda prisée par des « people » nantis et où traîne encore l’ombre de Garibaldi. Paysages somptueux de montagnes échouées en mer. Entre les rochers ciselés, grignotés par les millénaires, le vent et les vagues, on tombe sur d’imprévisibles plages de carte postale - sable fin et blanc, mer turquoise, azur ou émeraude bien réels. On s’y attarderait volontiers.

Quand la route sarde se corse

Le dur arrive, le retour vers la côte ouest par l’intérieur. Interminable parfois, c’est une traversée de col en col par de (bonnes) routes secondaires. Le pays semble désolé, roussi par le soleil ; les herbivores sont au régime et l’exode rural est inéluctable. Heureusement, à l’étape, une piscine rafraîchissante efface dans les cuisses le souvenir des tours de manivelle et laisse poindre dans les têtes l’idée rassérénante de devoir accompli.

De telles perspectives nourrissaient chaque jour le courage du « gruppetto » mixte qui suivait de loin la trace de « cadors » se tirant la bourre. Et le meilleur était là : dans notre équipage, il y avait à côté des rouleurs-euses, celles qui ne pédalaient pas. Plutôt que bronzette à la plage et exploration des richesses culturelles locales, elles « assuraient », discrètes, efficaces. Elles se la jouaient en mode soigneurs sportifs et dispensaient au long du parcours arrosage, boissons et encouragements avec une sollicitude constante. Cette empathie dopante, déterminante pour la poursuite de l’effort, décupla l’ambiance particulièrement amicale et solidaire de tout le groupe.

Stéphane Lelong

Pour plus de détails techniques sur ce circuit cycliste en Sardaigne, cliquez sur le lien indiqué par le site du FRRL (choisir : > Activités > Vélo pour tous) ou sur : https://sites.google.com/site/auzevillevpt/home