Foyer Rural René Lavergne - Auzeville

VPT : Leçon de Savoie

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Après la Sardaigne 2017, la traditionnelle semaine cyclotouriste avait pour cadre le Lac d’Annecy et ses environs escarpés dans une ambiance toujours conviviale. Plongeons…

Dans la montée du modeste col de Bluffy moins d’une heure après avoir contourné Annecy par la bordure du lac, les cumulus mettent leurs sombres desseins à exécution. La pluie en gouttelettes éparses et rafraîchissantes se mue en averse brutale, inépuisable. En peloton à vélo, l’eau arrive par dessus, devant, derrière et dessous ! Pas le moment de crever, se dit-on en catimini. Justement, voilà deux crevaisons concomitantes ! Un dégourdi a bien une chambre à air de secours, mais elle aussi crevée. Le mariage à trois - rustine, colle et caoutchouc – sous la pluie dément le proverbe[1] « mariage pluvieux, mariage heureux ».

Bon, ce sera le seul mauvais coup de la météo, les autres jours de notre semaine alpine iront de mieux en mieux. Dans les Alpes, si la pluie est du domaine de l’incertitude, les cols, eux, sont de la plus insoluble omniprésence. D’où l’expression coller au train ? Tous différents les cols avec un seul point commun : ils montent plus longtemps qu’ils ne descendent. L’un d’eux, plutôt narquois, avait son pied devant notre recommandable hôtel[2] : il s’agit du petit Col de Leschaux, qui, à froid après le petit déj’, n’est pas l’archétype du digestif à conseiller.

Les "Cadors" et le "Groupetto"

Dans la difficulté le peloton s’effile, nous sommes vite organisés en deux groupes, mixtes c’est à souligner. Les cadors qui vont plus vite plus haut et plus loin, sont à l’avant-garde. Derrière, le groupetto suit plus tranquille et profite du panorama qui défile insensiblement pour reprendre du souffle. À midi, les groupes se retrouvent. Mimi, Pierrette et Mylène, le trio de la logistique, apportent le casse-croûte préparé par l’hôtelier. Imaginez un peu le festin, par exemple au sommet du col des Aravis : trois gouttes d’apéro, un bon sandwich, du soleil, la silhouette du massif du Mont-Blanc qui depuis l’Aiguille Verte festonne le ciel azuré

Il y a le visible évoqué ci-dessus. Effleurons un peu l’invisible : le plaisir de se retrouver (et la nostalgie en se quittant), l’ambiance amicale, les paroles partagées -des simples blagues aux thèmes plus graves - l’esprit d’entraide sur les routes et en dehors. C’est un peu de fraternité et au moins le tiers de l’essence de notre devise républicaine ! À vélo aussi il faut de l’essence.

PS. Pour les cyclos : les itinéraires, profils altimétriques seront incessamment sous peu sur le site de VPT

Stéphane Lelong

[1] Le proverbe non bricolé c’est « mariage plus vieux etc ».

[2] On lui fait de la pub, pour l’accueil comme pour la table et le rapport qualité/prix : Auberge Le Semnoz à St. Jorioz 74410 !