Foyer Rural René Lavergne - Auzeville

VPT, les fans des cols

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Nous étions 22 VPTistes à l’excursion d’Annecy. Vingt-deux, soit deux équipes sur un terrain de foot, en plein Mondial ! Comme tous les grands clubs VPT a évidemment ses « étrangers », on dénommera ainsi ceux qui ne sont pas originaires d’Auzeville, du Sicoval ou de la région toulousaine. Pas mercenaires pour un sou, ce sont des amis fidèles de nos festivités et promenades sportives. Vous ne les connaissez pas ? En voici quelques uns.

Mimi et Lulu. À tout seigneur, tout honneur. Voici Mimi et Lulu, un couple d’instits du Lot & Garonne, environ 85 printemps (printemps pas automne). Elle, discrète et attentive, chargée du ravitaillement des cyclistes, se préoccupait de chacun. « Il faut boire… ne vas pas trop vite à la descente » suggérait-elle d’une voix douce. Celle de Lulu est d’un stentor qu’on écoute immédiatement ; on aimerait comme dans un rêve remonter le temps,  pour écouter les leçons de choses de ce couple, étymologiquement magistral. Depuis deux ans Lulu avait du mal à suivre les cyclos. Il a traité ce problème avec un vélo dopé à l’électricité. Maintenant il ralentit pour qu’on puisse le suive.

Fréd’. La « parisienne » du peloton, pas du genre parigote, c’est Frédérique, toute en sourire même dans l’effort. Chaque jour de semaine, elle s’entraîne sur Vélib. Cela devrait être prohibé par la Fédération : elle va vraiment trop vite, si bien qu’elle roule en compagnie des Cadors tandis que les épicuriens du Groupetto « roulent au diésel[1] ». Frédérique participe avec une assiduité remarquable aux festivités de notre section : vingtième anniversaire de la section, réveillons si bien qu’un jour prochain elle sera nommée auzevilloise d’honneur.

Didier. C’est un client, Didier, comme on dit en jargon sportif. Le tarbais a dû apprendre le vélo dans le Tourmalet. Il « envoie » du lourd dans les cols et brille maintenant sur les pavés depuis qu’il est prof à la fac de Lille. Le Plat Pays est moins horizontal et lisse qu’on ne le dit. Didier est passionné par son travail de chercheur-trouveur dans le registre de vaccins contre des maladies émergeantes. Les béotiens en la matière ont du mal à le suivre dans l’exposé de ses travaux autant qu’à vélo dans les cols. Avis aux amateurs, il embauche ses collaborateurs, à égalité sur les critères scientifiques avec un bonus s’ils viennent se présenter dans son bureau (5ème étage) sans emprunter l’ascenseur.

Martine et Gérard. Voilà des fidèles des manifestations VPTistes. Normal, ils vivent à Albi, si près de Toulouse. Martine pratique assidûment la course à pied, précisément, le fond s’honore de ses prestations. Gérard prof d’EPS et animateur Jeunesse & Sports, pratique les sports de glisse avec un talent éclectique ; il ne raconte pas des « vannes » comme son alter ego Jacky, mais il « tchatche » volontiers et ses conseils en matière de pratiques sportives sont pertinents et d’expérience. Tous deux sont les nécessaires leadeurs qui donnent le tempo au Groupetto : allegro ma non troppo.

Jacky . « Comment vivre sans vulgarité » s’interrogeait Desproges dans sa fameuse recette de cheval-melba. Jacky, le dernier « héros » de cette revue d’effectif a la réponse. Tarnais lui aussi, il a le même cursus professionnel que son confrère Gérard. Rugbyman à Béziers et ailleurs dans sa jeunesse  il a dû œuvrer sans tendresse excessive dans des mêlées de haut vol. Personnage truculent et pittoresque doté d’une voix qui porte, c’est un animateur de tablée qui, intarissable, aligne des blagues à la cadence d’une mitrailleuse. Les dites blagues sont des histoires non pas grivoises mais très salaces plutôt, et de la variante enrichies-en-M.G., sans affinage. Son talent ? Faire rire de bon cœur un auditoire tout venant en  contant une  galéjade qui, venue d’un autre, aurait fait rougir le plus endurci des carabins. Le talent parfois, c’est éviter la vulgarité alors que tout y invite[2]. À ce niveau un peu de cabotinage est permis et même conseillé.

Stéphane Lelong

[1] Dans le jargon cycliste traduit une allure tranquille et régulière, sans à-coup.

[2] Pour ne pas confiner notre Jackie dans le seul registre de pitre salace, précisons qu’il est aussi une personne cultivée prodigue d’humanité et un très agréable compagnon de Groupetto.